Carcinome in situ (CIS) : définition



Carcinome in situ (CIS) est une forme précoce de cancer dans laquelle des cellules anormales sont confinées à la épithélium, la couche de tissu où ils se sont développés initialement, et ne se sont pas encore propagées aux tissus environnants. « In situ » signifie « à son emplacement d'origine » en latin. Comme les cellules n'ont pas franchi la membrane basale – la fine barrière structurale située sous l'épithélium – elles ne peuvent accéder ni aux vaisseaux sanguins ni aux canaux lymphatiques et ne peuvent donc pas se propager à d'autres parties du corps. C'est ce qui fait du carcinome in situ l'une des formes de cancer les plus traitables, et son ablation complète est généralement curative. En l'absence de traitement, le carcinome in situ peut évoluer et devenir un carcinome. carcinome invasif, au cours de laquelle les cellules cancéreuses pénètrent dans les tissus plus profonds et acquièrent la capacité de se propager.


À quoi ressemble un carcinome in situ au microscope ?

Quand un pathologiste L'examen d'un carcinome in situ révèle que les cellules anormales présentent des caractéristiques de malignité : noyaux hypertrophiés et irréguliers, division cellulaire anormale et désorganisation de l'épithélium. Le critère essentiel qui définit le CIS est que ces cellules malignes restent entièrement contenues dans la couche épithéliale. La membrane basale sous-jacente est intacte, confirmant l'absence d'invasion. Dans certains cas, le pathologiste peut utiliser des colorations spéciales ou immunohistochimie (IHC) pour confirmer que la membrane basale est préservée.

En quoi le carcinome in situ diffère-t-il du carcinome invasif ?

La distinction entre tumeur in situ et tumeur invasive est l'une des plus importantes en pathologie — elle détermine directement le risque de propagation et l'approche thérapeutique :

  • Carcinome in situ Les cellules anormales sont confinées à l'épithélium et ne peuvent se propager aux ganglions lymphatiques ni aux organes distants. Le traitement vise à retirer complètement le tissu anormal. Le pronostic est excellent lorsque la lésion est totalement excisée.
  • Carcinome invasif Les cellules cancéreuses ont franchi la membrane basale et envahi les tissus environnants. Elles peuvent accéder aux vaisseaux sanguins et lymphatiques, ce qui favorise la propagation du cancer. Le traitement est généralement plus lourd et peut inclure une intervention chirurgicale, une radiothérapie, une chimiothérapie ou une thérapie ciblée, selon le type et le stade du cancer.

La présence d'un carcinome in situ à proximité d'une tumeur invasive dans le même prélèvement est fréquente ; il s'agit souvent de la lésion précurseure à partir de laquelle le cancer invasif s'est développé.

Quels sont les types de carcinome in situ les plus courants ?

Le carcinome in situ peut se développer dans tout organe contenant des cellules épithéliales. Les types les plus fréquemment rencontrés sont :

  • Carcinome canalaire in situ (CCIS) Le carcinome canalaire in situ (CCIS) est un cancer du sein non invasif, limité aux canaux galactophores. C'est la forme la plus courante de carcinome in situ du sein et il est généralement détecté par mammographie. Non traité, il peut évoluer en cancer du sein invasif.
  • Carcinome lobulaire in situ (CLIS) — une modification anormale des lobules mammaires. Le carcinome lobulaire in situ (CLIS) classique n'est pas considéré comme un cancer en soi, mais constitue un marqueur de risque accru de développer un cancer du sein invasif dans l'un ou l'autre sein. Sa prise en charge repose généralement sur la surveillance plutôt que sur la chirurgie.
  • Carcinome épidermoïde in situ (maladie de Bowen) — un cancer de la peau non invasif où toute l'épaisseur de la couche externe de la peau (épiderme) contient des cellules squameuses anormales. Il se présente sous la forme d'une plaque rouge et squameuse à croissance lente et se guérit très bien avec un traitement.
  • Lésion épithéliale squameuse de haut grade (HSIL) / néoplasie intraépithéliale cervicale (CIN3) — Présence de cellules squameuses anormales recouvrant la surface du col de l'utérus. Fortement associée à une infection par le VPH à haut risque. Le traitement consiste en l'excision de la zone affectée afin de prévenir l'évolution vers un cancer invasif du col de l'utérus.
  • Carcinome urothélial in situ (CIS) — un cancer non invasif de haut grade limité à la muqueuse des voies urinaires, le plus souvent la vessie. Bien qu'in situ, le carcinome in situ urothélial présente un risque important d'évolution vers un cancer invasif de la vessie et est traité de manière agressive.
  • Adénocarcinome in situ (AIS) — Cellules glandulaires anormales confinées à la surface épithéliale d'un organe. Le plus souvent diagnostiquées au niveau du col de l'utérus et du poumon. Consultez les guides dédiés pour plus d'informations. AIS du col de l'utérus et AIS du poumon.

Que signifie un diagnostic de carcinome in situ ?

Un diagnostic de carcinome in situ est suffisamment grave pour nécessiter un traitement – ​​il s'agit de véritables cellules cancéreuses – mais le pronostic est excellent car les cellules ne se sont pas encore propagées. L'objectif principal du traitement est d'éliminer tous les tissus anormaux avant toute invasion. Votre pathologiste examinera attentivement… marges chirurgicales L’objectif est de déterminer si la lésion in situ a été complètement excisée. Une marge saine est rassurante ; une marge positive ou proche peut indiquer la nécessité d’un traitement complémentaire.

Le risque d'évolution vers un cancer invasif varie selon le type et la localisation. Le carcinome in situ urothélial, par exemple, évolue relativement vite vers un cancer invasif sans traitement, tandis que le carcinome lobulaire in situ classique du sein peut rester inactif chez de nombreuses patientes. Votre médecin vous expliquera ce que votre type spécifique de carcinome in situ implique pour votre suivi et votre prise en charge.

Questions à poser à votre médecin

  • Quel type de carcinome in situ a été découvert, et dans quel organe ?
  • Les marges chirurgicales étaient-elles saines et la tumeur a-t-elle été complètement retirée ?
  • Quel est le risque d'évolution vers un cancer invasif, et quel suivi ou traitement est recommandé ?

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