Utérus et endomètre

Hyperplasie endométriale sans atypie

Cet article a été révisé et mis à jour pour la dernière fois le 10 décembre 2018 par Emily Goebel, MD FRCPC

Traduit en français par Victor Brochu, MD

Quelques faits en bref :

  • L’hyperplasie de l’endomètre sans atypies est une lésion non cancéreuse courante associée à une croissance accrue des tissus qui recouvrent l’intérieur de l’utérus.
  • Dans certaines situations, l’hyperplasie de l’endomètre sans atypie est considérée comme une condition précancéreuse parce qu’il y a un risque très faible qu’elle se transforme en cancer.

L’utérus normal

L’utérus est un organe creux en forme de poire qui se trouve dans le bassin de la femme entre le rectum (l’extrémité du gros intestin) et la vessie. La partie supérieure de l’utérus (le fond) est fixée aux trompes de Fallope tandis que la partie inférieure est reliée au vagin par le col utérin.

Les parois de l’utérus sont constituées de trois couches :

  • Endomètre – L’endomètre est le tissu le plus au centre de l’utérus. L’endomètre est constitué de glandes appelées endométriales et qui sont recouvertes de cellules formant une barrière appelée l’épithélium. L’épithélium est entouré d’un tissu de soutien appelé stroma endométrial.
  • Myomètre – Le myomètre est la couche du milieu et est constitué d’un muscle lisse qui permet à l’utérus de changer de taille et de se contracter.
  • Séreuse – La séreuse est une mince couche de tissu qui entoure l’extérieur de l’utérus.

Changements associés au cycle menstruel

L’endomètre répond aux hormones et passe par des cycles menstruels réguliers pendant les années de reproduction de la Femme. Chaque cycle menstruel est contrôlé par un orchestre complexe d’hormones. Pendant le cycle menstruel, l’endomètre se prépare à une éventuelle grossesse en devenant plus épais et plus riche en vaisseaux sanguins.

Dans la première partie du cycle menstruel, l’endomètre se développe sous l’influence de l’œstrogène (une hormone produite par les ovaires) et est appelé phase proliférative (ou phase de croissance).

Après l’ovulation (le moment où un ovule sort d’un ovaire), les changements endométrials sont sous le contrôle de la progestérone (une autre hormone libérée par les ovaires). Si la grossesse ne se produit pas et donc que l’ovule n’est pas fécondé, la paroi endométriale épaissie se détache, entraînant des saignements appelés menstruations. Le cycle se répète ensuite.

Changements anormaux

Dans certaines situations, l’endomètre peut être exposé à l’œstrogène trop longtemps, ce qui peut entraîner une hyperplasie endométriale. Plusieurs situations peuvent entraîner une exposition accrue ou prolongée aux œstrogènes, comme le syndrome des ovaires polykystiques, l’obésité, les contraceptifs oraux à base d’œstrogènes seulement et le traitement au tamoxifène. Les femmes qui s’approchent de la ménopause (périménopause) peuvent également avoir une exposition prolongée aux œstrogènes.

Qu’est-ce que l’hyperplasie endométriale sans atypie

Pour la plupart des femmes, l’hyperplasie endométriale sans atypie est une lésion non cancéreuse (bénigne) qui s’explique par un endomètre anormalement épais.

Dans un petit nombre de cas, cependant, l’hyperplasie de l’endomètre sans atypie peut être considérée comme un état précancéreux parce qu’il y a un risque très faible qu’elle se transforme en cancer (tumeur maligne) appelé carcinome endométrioïde.  Des taux élevés d’œstrogènes sont associés à un risque accru de carcinome endométrioïde.

Les symptômes de l’hyperplasie de l’endomètre comprennent des saignements utérins anormaux, comme des saignements menstruels abondants, des saignements entre les menstruations ou des saignements post-ménopausiques.

Certaines situations courantes peuvent entraîner une exposition accrue ou prolongée à l’œstrogène, comme le syndrome des ovaires polykystiques, l’obésité, les contraceptifs oraux à base d’œstrogènes seulement et le traitement au tamoxifène. Les femmes qui approchent de la ménopause (périménopause) peuvent aussi avoir une exposition prolongée aux œstrogènes.

Chez les patientes présentant des saignements utérins anormaux, l’endomètre est prélevé par biopsie ou curetage.  L’échantillon de tissu est ensuite examiné au microscope par votre pathologiste.

En cas d’hyperplasie de l’endomètre sans atypies, votre pathologiste verra des glandes endométriales de taille et de forme irrégulières. Cependant, les cellules qui composent ces glandes (les cellules épithéliales) ne sont pas anormales (atypiques).

Les options de traitement varient pour l’hyperplasie de l’endomètre sans atypie et comprennent les progestatifs oraux et les dispositifs intra-utérins (DIU). Votre médecin pourrait d’ailleurs vous suggérer une biopsie de suivie.

Certains rapports de pathologie font référence à l’hyperplasie endométriale sans atypie comme hyperplasie bénigne de l’endomètre.

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